
Quarante mètres douze
Par Camille Coteau · Publié en septembre 2026
Un géomètre vient corriger une erreur dans un registre. Il ne repartira pas avec ce qu'il croyait avoir apporté.
Auvergne, septembre 1889. Étienne Ferrand, géomètre du cadastre, vient lever une contradiction dans deux registres : un pont de la Truyère qui n'a pas la même longueur d'un document à l'autre.
Il mesure. Le premier chiffre est net. Le second, pris le soir, contre le vent, après quatre heures de marche, ne l'est pas. Le lendemain il recommence dans les règles, et tout rentre dans l'ordre.
Reste un village qui ne répond pas, et une vieille femme sur un banc qui ne sait plus si elle a traversé deux fois ou trois.
Un texte sec et froid, où le doute ne vient jamais de ce qu'on voit mais de ce qui manque au dossier. Rien n'y est prouvé. Rien n'y est démenti.
Sauriez-vous dire ce qui vous manque, si personne ne vous l'avait pris ?

Chaque lundi, elle efface les traces. Elle n'a jamais demandé qui les laisse.
Ce que garde la cire
2,99 €

Elle avait vingt-deux élèves sur sa liste, elle en compta vingt-trois.
La photographie scolaire
2,99 €

Le mardi 14 octobre 1975, Éliane Martel compta les portes du sixième étage. La veille, il y en avait une de moins.
Sept portes
2,99 €